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Ahmedabad (Agence Fides) - " C'est une loi contraire à
toute forme de démocratie " : par ces paroles, Mgr
Fernandez, Archevêque de Gandhinagar, dans l'Etat du Gujarat,
a critiqué le document sur la Liberté de religion,
approuvé le 26 mars par le gouvernement du Gujarat, sans
aucune discussion à l'Assemblée de l'Etat. D'après
la loi, un individu qui voudrait changer de religion doit demander
l'autorisation préalable aux autorités civiles.
Il est prévu de fortes amendes ou la prison pour les conversions
opérées par la force ou par des moyens frauduleux.
Le document suit le modèle d'une loi déjà
approuvée dans l'Etat de Tamil Nadu, en Inde méridionale.
Mgr Fernandez attribue la responsabilité du Document au
BJP (" Baratiya Janata Party ", Parti du Peuple Indien),
qui a gagné les dernières élections au Gujarat
au mois de décembre dernier, et qui est responsable d'une
politique nationaliste hindoue. Pour l'Archevêque, l'approbation
d'une loi pour une matière aussi délicate, sans
aucune discussion au Parlement, est inconcevable. Il note en outre
qu'il n'y a pas eu de cas de conversions forcées ou obtenues
par des moyens frauduleux. " Cette loi, dit-il, viole les
droits humains fondamentaux et les droits constitutionnels, la
liberté de conscience et la liberté de religion
".
" La communauté chrétienne, déclare-t-il
encore, n'a jamais créé de tension sociale, mais
a toujours répandu un message de fraternité, d'équité
et d'harmonie, en travaillant pour le développement de
la population de toutes les communautés. Les conversions
forcées sont totalement rejetées par nos Eglises
". Mgr Fernandez a expliqué ensuite les raisons de
sa protestation : " Nous croyons que la conversion est une
grâce de Dieu qui ne peut être soumise au jugement
d'un gouvernement civil. Demander la permission aux autorités
civiles pour une conversion religieuse signifie abdiquer la responsabilité
personnelle de chaque individu pour le salut éternel de
son âme. Dans ce cas, chaque homme doit répondre
à la voix de son âme et non pas à des règles
temporelles ".
le nouveau gouvernement du Gujarat avait déjà organisé
au mois de février " un recensement discriminatoire
", fait par des fonctionnaires de police, portant seulement
sur des communautés, des familles et des institutions chrétiennes,
ce qui avait suscité de fortes protestations de la part
de la Conférence Episcopale de l'Inde. La crainte des Evêques
était justifiée par des violences récentes
subies par des chrétiens et par des membres d'autres communautés
religieuses. Les Evêques craignent que l'on veule enfermer
les chrétiens dans un ghetto pour les isoler et pour contrôler
leur éventuelle croissance numérique, qui serait
la preuve de leur oeuvre de prosélytisme sous les apparences
d'un service social.
Dans l'Etat de Maharashtra, les chrétiens sont descendus
dans la rue pour rappeler leur droit à la liberté
religieuse, et pour protester contre les actes d'intimidation
accomplis dernièrement par des extrémistes hindous.
Il y a quelques jours, un groupe de 35 militants hindous a brisé
les portes d'une église évangélique dans
le village de Pattapangra, et a placé à l'entrée
de l'église une statue de la divinité hindoue "
Hanuman ", avec une tête de singe. La police, après
des protestations répétées, a enlevé
la statue et l'a remise au temple voisin le plus proche. D'après
le pasteur évangélique D.B. Kulothungam, les militants
hindous ont endommagé d'autres églises dans des
districts du même Etat. " Il s'agit de groupes de l'extrême
droite hindoue qui propagent une culture d'intolérance
envers les minorités, qui incitent à l'affrontement
religieux et à la discorde sociale ", a-t-il expliqué.
D'après la police locale, les militants sont membres du
groupe RSS (" Rashtriya Swayamsewak Sang ", Corps National
des Volontaires), formation qui défend l'idéologie
intégriste de " l'hindutva " qui repose sur le
principe suivant : " un peuple, une nation, une culture ".
Les chrétiens ont demandé une plus gande protection
aux autorités civiles, en rappelant le droit de professer
en paix leur propre foi, comme le garantit la Constitution de
l'Inde, qui prévoit un Etat laïc et pluraliste. (P.A.)
(Agence Fides, 1° avril 2003, 50 lignes, 696 mots)
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