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Rome (Agence Fides) - Jean-Paul II a évoqué sa
jeunesse en ces termes : "
Mon sacerdoce, dès
le début, s'est inscrit dans le grand sacrifice de nombre
d'hommes et de femmes de ma génération. La Providence
m'a épargné les expériences les plus pénibles
". Le Pape a l'impression d'avoir vécu en partie "
cette sorte d'apocalypse - c'est le terme qu'il emploie - de notre
siècle ". De son expérience du XXe siècle,
Jean-Paul II a retiré la conviction que le martyre est
une réalité du christianisme contemporain. L'expression
" nouveaux martyrs " est de lui et s'inscrit dans ce
qui fut un siècle de massacres, de morts en masse et de
terreur.
Je pense au premier holocauste du siècle : plus d'un million
de morts arméniens et syriaques pendant la Première
guerre mondiale, massacrés parce qu'ils étaient
chrétiens. Je pense aux morts sous la dictature communiste
dans l'ex-Union soviétique et à la terreur stalinienne,
aux deux terribles guerres mondiales, à la Shoah, surgie
au cur de l'Europe, qui a fait des millions de morts chez
les Juifs (mais aussi chez d'autres peuples : Polonais, Gitans,
Russes
). Ce fut, pour des millions d'être humains,
un siècle obscur.
Face à un égarement si profond et si tragique (et
ceux à peine cités ne sont que quelques exemples,
on pourrait en rappeler bien d'autres), un peuple de croyants,
parfois faible, n'a pas cessé de célébrer
la mémoire de la Passion de son Seigneur et de sa Résurrection.
Des témoins de la foi de toutes confessions ont souffert
ensemble pour confesser le Seigneur. C'est une multitude de martyrs
de toutes les nations. Un détenu du goulag des îles
Solovki en Russie, évoque cette image d'amour dans l'enfer
du froid, des sévices et de la mort :
" Un évêque catholique encore jeune et un vieillard
émacié, à la barbe blanche, un évêque
orthodoxe, dont l'esprit encore très vif, travaillent ensemble
et unissent leurs efforts
Celui d'entre nous qui aura le
bonheur de retourner dans le monde devra témoigner de ce
à quoi nous assistons ici. Et ce à quoi nous assistons,
c'est la renaissance de la foi pure et authentique des premiers
chrétiens, l'union des Églises en la personne des
Evêques catholiques et orthodoxes, une union de l'amour
et de l'humilité ".
Il y a une valeur cuménique dans le martyre d'hommes
et de femmes qui, tout au long de ce siècle, n'ont pas
renoncé à leur foi, à l'amour, à la
justice, à un comportement humain, pour sauver leur vie.
La fresque du martyre du XXe siècle révèle
une humanité humble et non-violente, mais en même
temps forte
C'est l'expérience intérieure dont parlait Martin
Luther King : " Au beau milieu des périls qui mes
menacent et m'environnent j'ai ressenti une paix intérieure
et j'ai trouvé en moi des forces que seul Dieu peut offrir.
Dans bien des cas j'ai senti la force de Dieu transformer le malheur
du désespoir en bonheur d'espérer ". Je pense
qu'il y a un héritage commun que les chrétiens du
XXe siècle doivent comprendre. Le testament des martyrs
n'a pas encore été ouvert : nous n'en sommes qu'au
début. (Agence Fides 22/3/2003)
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