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Rome (Agence Fides) - A l'occasion de la IX° Assemblée
Générale de l'Académie Pontificale pour la
Vie, qui vient de se terminer au Vatican, l'Agence Fides a eu
un entretien avec plusieurs participants. Après le professeur
Vial Correa, le vice-président S. Exc. Mgr Sgreccia, Mme
Wanda Poltawska, nous nous proposons de publier d'autres interventions
: le Père Roberto Colombo, professeur de Biologie humaine
à l'Université Catholique du Sacré-Cur
de Milan, du docteur Luigi Caltroni, agrégés à
l'Académie Pontificale pour la Vie, puis celle du Professeur
Josef Seifert, Recteur de l'Académie Internationale de
Philosophie du Liechtenstein, et enfin celle du professeur Corrado
Manni, Professeur émérite d'Anesthésiologie
et de Réanimation de l'Université Catholique du
Sacré-Cur à Rome. (A.P.) (Agence Fides, 1°
mars 2003)
VATICAN - LE PERE COLOMBO DE L'UNIVERSITE CATHOLIQUE DE MILAN
: " L'EMBRYON EST VULNERABLE PARCE QU'IL EST PRIVE DE SA
RECONNAISANCE COMME ETRE HUMAIN "
Rome (Agence Fides) - Le Père Roberto Colombo, professeur
de Biologie Humaine à l'Université Catholique du
Sacré-Cur de Milan, dans son intervention à
l'Assemblée, a parlé des sujets particulièrement
vulnérables dans le cours de la recherche biomédicale.
Nous lui avons demandé quels sont ces sujets, et s'il existe
des moyens pour les protéger. Voici sa réponse.
Les sujets particulièrement vulnérables sont les
sujets qui, en raison de leurs conditions précaires de
santé, physique ou mentale, sont plus exposés que
d'autres à des dangers. Par exemple, des sujets qui ont
un déficit mental, des sujets qui sont incapables de vouloir,
comme les enfants tout petits, des sujets culturellement non préparés,
et qui ne peuvent donc pas comprendre ce qui leur est dit en termes
scientifiques. Ou encore des sujets particulièrement vulnérables
comme ceux qui appartiennent aux populations en voie de développement.
Il existe une classe de sujets qui sont candidats comme nous tous
à participer à des recherches scientifiques, à
subir les expérimentations, mais qui sont plus vulnérables
pour différentes raisons. Tout d'abord parce c'est un sujet
qui n'est pas capable d'exprimer sa propre volonté, qui
ne peut consentir ni refuser, et qui, pour cette raison, doit
avoir des tuteurs, c'est-à-dire des personnes qui prennent
une décision à son sujet. Normalement, ce sont les
parents, la mère qui a donné l'ovule, parfois le
père,ou, dans le cas d'embryons abandonnés, non
reconnus par les parents, ce peut être le chercheur lui-même.
Le problème c'est que celui qui donne l'accord devrait
le faire dans l'intérêt du sujet ; mais, malheureusement,
nous ne sommes pas toujours sûrs qu'il ne le fasse selon
son propre intérêt personnel. Parlant des embryons
en dehors du sein maternel, c'est-à-dire cultivés
" in vitro " jusqu'aux deux premières semaines
de vie, l'embryon n'est pas implanté dans l'utérus
et peut être cultivé " in vitro " pendant
cinq à six jours après la fertilisation. Durant
ces cinq ou six jours, l'embryon est exposé à une
série de risques et de périls, parce que, étant
en dehors de son milieu naturel, tout ce qui peut arriver en laboratoire
le met en péril. Il est donc particulièrement vulnérable
parce qu'il dépend en tout des conditions artificielles
dans lesquelles il se trouve. Une erreur dans le milieu de culture,
par exemple, peut être mortelle, ou un appareil qui ne fonctionne
pas. Toutefois, la raison principale pour laquelle l'embryon est
un sujet particulièrement vulnérable c'est celle
nous appelons " vulnérabilité dans son statut
", au sens que nombre de personnes ne lui reconnaissent pas
le titre de sujet. L'embryon n'est même pas reconnu, c'est
une entité anonyme qui n'a pas son statut moral et juridique.
Il en résulte qu'il est traité comme un simple matériel
sans être même compté dans la liste des sujets
qui ont droit à une protection. Il est vulnérable
précisément parce qu'il est privé de sa reconnaissance
comme être humain.
Pour ce qui concerne la protection de ces sujets particulièrement
vulnérables, il faut tout d'abord partir du fait que l'embryon
ne devrait pas être engendré en dehors de la génération
naturelle, et donc à l'intérieur du corps de la
femme. L'embryon en dehors du sein maternel est certainement plus
vulnérable du point de vue biologique, il est sans défense
parce qu'il n'est pas à sa place. Deuxièmement,
il faut reconnaître le sujet de recherche. Si nous ne le
reconnaissons pas comme sujet, il n'y aura pas de codes déontologiques,
de lois, et il sera privé de son identité. Il faut
reconnaître en outre la pleine identité humaine,
et puis ensuite instituer pour lui des garanties au plan des normes
de comportement de la recherche, et au plan des lois nationales.
Mais les problèmes existent aussi pour l'embryon en ftus
dans le sein de la femme, parce que, là aussi, on fait
des expérimentations qui peuvent lui nuire. On discute
aujourd'hui beaucoup en particulier sur l'utilisation des embryons
pour la production de cellules staminales. Dans ce cas, l'embryon
court le plus grand des risques, parce qu'il est détruit.
(A/P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)
VATICAN - LE DOCTEUR L. CALTRONI : " BIOETHIQUE : L'INFORMATION
DE MASSE EST UNE INFORMATION QUELCONQUE ET DEGRADANTE EN GENERAL
"
Rome (Agence Fides) - Le Docteur Luigi Caltroni a bien voulu
nous expliquer ce que pensent les Italiens des travaux de l'Académie.
Malheureusement, les travaux de l'Académie Pontificale
pour la Vie ne trouvent pas grande audience dans la presse, à
l'exception de quelque journal diocésain catholique, et
en des occasions déterminées. Les informations qui
viennent des activités de l'Académie sont très
restreintes, spécialisées, et ne trouvent donc pas
une diffusion facile. La tâche des membres agrégés
de l'Académie est de faire connaître les questions,
de les faire divulguer par des conférences spécialisées
tout au long de l'année, et de rendre accessible ce patrimoine
très élevé de culture, de théologie,
de médecine, de science en général, à
tout le peuple, parce qu'il y a un grand désir de connaître.
Malheureusement, toutefois, l'information de masse est encore
aujourd'hui quelconque et dégradante en général.
Sur les questions spécialisées de la bioéthique
en particulier, il y a un grand désir de connaître,
alors que l'information qui nous est transmise par les moyens
de communication de masse est une information déformée
influencée par l'intérêt économique
et donc une information non crédible, manipulée.
(A.P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)
VATICAN - LE PROFESSEUR JOSEF STEIFERT, RECTEUR DE L'ACADEMIE
INTERNATIONALE DE PHILOSOPHIE DU LIECHTENSTEIN : " IL EST
INACCEPTABLE DE PERMETTRE DE TOUT FAIRE SEULEMENT DANS LE BUT
DE LA RECHERCHE OU DES RESULTATS DE LA RECHERCHE "
Rome (Agence Fides) - Je pense que, parmi les valeurs centrales
de la recherche bioéthique et de la pratique de la médecine,
le plus important est la dignité de la personne humaine.
D'après les rapports présentés durant cette
Assemblée, il résulte que, d'un côté,
il y a ceux qui distinguent l'être humain, et de l'autre
ceux qui distinguent la personne humaine. L'embryon est encore
exclu du concept de personne humaine. La vision générale
n'est pas correcte ; il y a ceux qui disent que seule la personne
possède la dignité humaine, et les autres qui considèrent
que l'on peut tuer par l'avortement ou faire des expérimentations.
Personnellement, je pense qu'il est nécessaire de considérer
le fait que, aujourd'hui, tout être humain est une personne
humaine, et que la personnalité de l'être humain
ne réside pas seulement dans l'émotion du cerveau,
dans la maturité ou dans le développement complet
du corps. Tout être humain est un sujet de nature rationnelle
même si cette raison ne peut pas encore s'exercer. Un argument
qui a fait beaucoup discuter, au sein même de l'Académie
et dans le monde entier en général, est celui de
la mort cérébrale. Nous ne sommes pas tous d'accord
sur le fait que la mort cérébrale soit une véritable
mort. Nous pouvons encore dire qu'il existe des niveaux différents
de dignité humaine ; l'un est la valeur ontologique que
possède tout être humain, et un autre par exemple
est le principe dit de " l'activité de l'être
humain éveillé consciemment " et capable de
donner un accord bien informé et libre à une intervention
éventuelle, chose qu'un embryon n'est pas en mesure de
faire. L'éthique indique que la personne n'a pas seulement
une dignité innée, inséparable de son être,
mais qu'elle a aussi une dignité qu'elle devrait acquérir
avec sa liberté, c'est-à-dire par la vocation de
la personne humaine. Parmi les valeurs fondamentales de la personne
humaine, outre la santé et la guérison de maux physiques,
il y a la dignité morale. " Veritatis Splendor "
déclare qu'il y a des attitudes qui vont contre la dignité
intrinsèque de la personne humaine, que l'on ne peut considérer
seulement le niveau de la santé et oublier que la dignité
humaine implique la vocation à réaliser le bien
moral. Il n'est pas acceptable de permettre de tout faire seulement
dans le but de la recherche ou des résultats de la recherche.
Le Pape lui-même, dans ses textes philosophiques, a insisté
pour reconnaître que la personne, en possédant la
liberté, la raison, doit toujours être comprise comme
un agent moral que l'on ne doit pas utiliser comme moyen pour
les recherches, et que le médecin doit agir en qualité
de personne et ne pas se laisser utiliser comme instrument. En
Suisse, par exemple, les infirmières, pour être admises
à l'école, doivent signer une déclaration
dans laquelle elles acceptent de servir y compris dans les cas
d'avortement chaque fois qu'on le demande. Cela, d'après
la conscience humaine et la doctrine de l'Eglise, est très
grave, c'est une violation des droits de l'homme. C'est une forme
d'antipersonnalisme éthique très dangereux. (A.P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)
VATICAN - LE PROFESSEUR MANNI : " ON NE PEUT PROCEDER
A LA TRASNSPLANTATION D'UN ORGANE SI L'ON N'EST PAS SURS QUE L'INDIVIDU
EST MORT "
Rome (Agence Fides). Le professeur Corrado Manni nous a parlé
de la situation des transplantations en Italie.
Parmi les exposés présentés à l'Assemblée,
un en particulier a frappé mon attention, et c'est celui
qui expose la situation certainement pesante, de la vente ou de
l'achat-vente des organes qui prend pied très fortement
sur le marché " aux Etats-Unis, pour faire face aux
besoins toujours plus grands de transplantation d'organes chez
des malades qui en ont besoin. Heureusement, notre pays ne se
trouve pas dans les conditions des Etats-Unis, parce que ce n'est
pas un phénomène très développé.
Il est clair que, comme catholiques, et moi-même comme anesthésiste
réanimateur, dans toutes les occasions où j'ai eu
l'occasion de parler de transplantatiologie, de mort encéphalique,
et de toutes les questions qui touchent à l'enlèvement
et à la transplantation successive d'un organe, je me suis
toujours exprimé contre toute possibilité de commerce
des organes. Il s'agit certainement d'une technologie chirurgicale
qui a atteint un progrès important, et grâce au nombre
toujours croissant, y compris dans notre pays, de transplantations
qui sont faites, de nombreuses personnes ont eu la possibilité
de vivre mieux voire même d'être arrachées
à la mort. Il est clair toutefois que la transplantation
d'un organe exige des règles fondamentales. Tout d'abord
l'enlèvement de l'organe doit être fait quand la
mort encéphalique, c'est-à-dire la mort de l'organisme
humain tout entier, s'est produite. Par mort encéphalique,
nous voulons dire la destruction de tout le contenu de la boîte
crânienne, cerveau, cervelet et tronc encéphale.
La loi italienne qui règle la possibilité d'enlever
des organes en vue d'une transplantation, est une loi sûre
et qui donne des garanties ; c'est une des plus exigeantes dans
le monde. Au point que la mort encéphalique peut être
officiellement observée six heures après la cessation
du battement cardiaque, la cessation de l'activité respiratoire
et donc que le donneur potentiel soit un sujet qui puisse être
considéré mort d'une manière assurée
à tous les effets. Ainsi le diagnostic de mort encéphalique
est tout à fait indispensable pour procéder correctement
sur la voie de la transplantation. Les gens doivent être
tranquilles, et s'efforcer de penser que donner un organe pour
aider un autre individu est une uvre hautement méritoire,
que notre éthique, notre religion, et notre travail de
médecins doit saisir de la meilleure manière sans
se laisser entraîner dans des actes qui veulent se justifier
par le monde des affaires. (A.P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)
VATICAN - " Le Saint-Père défend non seulement
la vie en tant que telle, mais la sainteté de la vie humaine
" déclare Madame le professeur Wanda Poltawska, dans
un bilan des travaux de l'Assemblée Pontificale pour la
Vie, qui vient de terminer ses travaux
Rome (Agence Fides) - Il faut partir du pourquoi existe cette
Académie pour la Vie. Il faut remonter au Pontificat de
Jean Paul II, parce que le Saint-Père a offert toute sa
vie, tout d'abord de prêtre, d'Evêque, de Cardinal
et puis de Pape pour la défense de la vie. Il défend
non seulement la vie en tant que telle, mais la sainteté
de la vie humaine. L'Académie, nous pouvons le dire, est
parmi ses initiatives pratiques pour cette défense précisément.
Malheureusement, la vie est toujours menacée, en particulier
la vie de l'enfant non né, et aujourd'hui en plus l'humanité
tout entière est menacée dans sa structure génétique.
Depuis le premier moment, l'Académie a voulu prendre en
examen ces questions. La première question abordée,
par exemple, a été le droit à la vie de l'enfant
non né ; la deuxième, l'identité de l'embryon
humain ; la troisième l'identité du génome
humain ; à présent, l'on parle de la manipulation
biomédicale. Malheureusement toutefois, il y a aujourd'hui
des tendances contemporaines contraires à la valeur de
la vie, et, pour cette raison, notre Assemblée est très
importante parce que le monde entier est menacé par des
méthodes et des techniques qui traitent la personne humaine
et le petit enfant comme un objet d'expérience.
Il ne faut pas oublier que chaque personne humaine est divine
et créée par Dieu et que, comme l'a déclaré
le Saint-Père à Paris lors de la rencontre avec
les jeunes, la personne humaine n'est pas destinée à
la terre mais au ciel. Il arrive souvent que des méthodes
de diagnostics, thérapeutiques ou de recherche soient contraires
à l'éthique, et c'est précisément
dans ces cas qu'il faut rappeler que la valeur première
de la vie est le salut, la sainteté, alors que la santé
physique a une valeur secondaire ; dans l'Evangile lui-même,
on déclare : " si ta main est pour toi objet de scandale,
coupe-la " (Mc 9,43). Il faut donc être prudents parce
que de nombreux médecins sont prêts à manipuler
la vie avec l'objectif de la sauver et de la prolonger. Mais la
vie prolongée doit finir elle aussi ; aussi faut-il prendre
conscience du but véritable de la vie humaine, et penser
d'abord à la sainteté et ensuite à la santé.
Cette Rencontre a montré que dans de nombreux pays du monde
des médecins font déjà des choses contraires
à l'humanité et au respect de la personne humaine.
A mon avis, il faut clairement souligner que les médecins
catholiques n'ont pas le droit de traiter le corps humain et le
petit enfant comme un objet, mais qu'ils doivent avoir toujours
le plus grand respect, sans jamais oublier que ces personnes sont
destinées au ciel pour l'éternité. (A.P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)
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