| Monsieur le Cardinal,
Chers Frères dans l’Episcopat,
Chers Directeurs Nationaux des Œuvres Pontificales Missionnaires,
1. C’est avec une joie particulière que je vous souhaite
la bienvenue dans la maison de Pierre, ici au Vatican, après
une autre année de service missionnaire dans vos Eglises
disséminées dans le monde entier. Je suis bien heureux
de vous rencontrer, car vous êtes d’une façon
particulière, les « ouvriers infatigables de la miséricorde
de Dieu et de sa paix » (Catéchèse, mercredi
14 avril 2004).
Je salue cordialement et je remercie le Cardinal Crescenzio Sepe,
Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation
des Peuples, pour les paroles qu’il m’a adressées
en votre nom à tous.
2. Chers Frères, dans ces temps tumultueux que l’humanité
est en train de vivre, les Œuvres Pontificales Missionnaires,
qui sont au service des Eglises dans le monde, représentent
un point de référence sûr pour tous ceux qui
sont à la recherche de la vérité qui sauve.
A eux, en effet, en annonçant le Christ, vous indiquez la
voie pour arriver au salut.
C’est un message d’amour et d’espérance
que vous offrez. Avec l’animation missionnaire que vous faites,
pour remplir l’ordre du Christ, Sauveur de tous les hommes,
vous collaborez à apporter la « Bonne Nouvelle »
jusqu’aux confins du monde. Le Christ, en effet, le Vivant,
continue à offrir à tous, sans distinction, son message
de salut.
3. L’espérance dont vous êtes les hérauts,
est celle qui naît de la mort et de la résurrection
du Christ. Pour cela, vous devez avoir une considération
spéciale envers ces peuples du monde où la souffrance
est plus grande et les besoins plus aigus : les populations que
l’on appelle du Tiers-Monde. Votre engagement marche à
côté des missionnaires de l’Evangile qui prêchent
la solidarité et l’amour, et se sacrifient pour la
paix, allant même parfois jusqu’au don de la vie pour
« l’amour du Christ qui les pousse » (2 Cor 5,
14).
Vous êtes donc les « Simon de Cyrène »
qui aident le Sauveur à porter sa croix, en chaque personne
qui souffre et qui meurt. Vous êtes, à tous les effets,
des missionnaires authentiques dans un monde désormais globalisé,
où la souffrance pour la vérité et la justice
va au-delà de toute frontière nationale.
Quand vous êtes angoissés à cause des souffrances
d’autres peuples et quand vous travaillez à soulager
leur grand besoin de secours, vous travaillez en même temps
pour aider vos propres pays à sortir de leurs vues étroites,
de l’étouffement de leur abondance, et du vide et des
comportements, parfois indignes, d’êtres humains. Il
ne s’agit pas simplement, comme l’écrivait mon
vénéré prédécesseur, le Pape
Pie XII, de faire des aumônes, mais de remplir un devoir implanté
dans notre identité chrétienne, celui d’aider
ceux qui sont dans le besoin.
Soyez donc des messagers de la Résurrection et de la Vie,
comme le furent vos Fondateurs et Fondatrices. Il vous revient d’annoncer,
avec toute l’Eglise, le Christ Ressuscité. Avec l’apôtre
Jean, vous aussi vous pouvez dire : « Ce qui était
dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous
avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que
nos mains ont touché du Verbe de Vie, nous vous l’annonçons
» (1 Jn 1, 1). En effet, quand vous méditez les paroles
du Christ avec une foi sincère et que vous agissez dans son
Esprit, vous savez que ces paroles s’appliquent à vous
: « Chaque fois que vous avez fait ces choses à un
seul de mes frères les plus petits, c’est à
moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)
4. C’est pour moi un motif de réconfort de savoir
que vous préparez la mise à jour de vos Statuts. Cela
manifeste la volonté de continuer à remplir votre
mission de « miséricorde et de paix » toujours
davantage et toujours mieux. Que l’Esprit du Seigneur Ressuscité
vous montre, comme aux apôtres, sa volonté dans le
choix de nouvelles voies de coopération dans la mission pour
apporter la Vérité, la Justice et la Paix selon l’Evangile
à tous les hommes de notre temps.
Le but de l’Assemblée Générale de votre
Conseil Supérieur n’est autre que la recherche des
voies du Seigneur pour une mission renouvelée dans le monde
en perpétuelle mutation. Vous êtes animés par
le souci d’apporter l’amour et la miséricorde
à toutes les personnes qui sont nos frères et sœurs
dans l’unique famille humaine. Aussi je vous exhorte à
collaborer, comme vous le faites déjà, avec la Congrégation
pour l’Evangélisation des Peuples, par une recherche
permanente de « nouvelles voies » pour l’Evangile.
L’animation et la coopération missionnaires sont en
définitive la raison d’être de votre existence
et l’unique but de votre infatigable « préoccupation
pour toutes les Eglises » (2 Cor 11, 28), en vue du salut
du monde.
5. Conscient de tout cela, je vous adresse mes vœux les plus
cordiaux pour un engagement toujours plus généreux,
même au milieu des difficultés de toutes sortes. Je
suis sûr que « les joies et les espoirs, les tristesses
et les angoisses des hommes de notre temps, surtout des pauvres
et de tous ceux qui souffrent » sont aussi les vôtres
(cf. Gaudium et Spes, 1). C’est en effet là, la conséquence
de la vie dans l’amour « du Père de Notre Seigneur
Jésus Christ, Père des miséricordes, et Dieu
de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations
» (2 Cor 1, 3-4).
Que la Bénédiction Apostolique que je vous donne de
tout cœur soit le gage de cette consolation divine. |