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A fine mattinata, nella Sala Clementina del Palazzo Apostolico
Vaticano, il Santo Padre ha ricevuto in Udienza il gruppo degli
Ecc.mi Presuli della Conferenza Episcopale di Burkina Faso-Niger,
incontrati questa mattina e ricevuti in questi giorni, in separate
udienze, in occasione della Visita "ad Limina Apostolorum".
Pubblichiamo di seguito il discorso che il Papa ha loro rivolto:
DISCORSO DEL SANTO PADRE
Chers Frères dans l'épiscopat,
1. Je vous accueille avec une grande joie, vous qui avez la charge
pastorale de l'Église catholique au Burkina Faso et au
Niger, au moment où vous accomplissez ce temps fort de
votre ministère épiscopal qu'est la visite ad limina.
Vous êtes venus vous recueillir sur le tombeau des Apôtres
Pierre et Paul pour faire croître en vous l'élan
apostolique qui les animait et qui les a conduits ici pour être
les témoins de l'Évangile du Christ jusqu'au don
total de leur vie. Vous venez rencontrer le Successeur de Pierre
et ses collaborateurs, pour trouver auprès d'eux le soutien
nécessaire à votre mission pastorale.
Je remercie Monseigneur Philippe Ouédraogo, Évêque
de Ouahigouya et Président de votre Conférence épiscopale,
pour les aimables paroles qu'il vient de m'adresser. Je salue
particulièrement ceux d'entre vous qui ont reçu
leur charge de l'épiscopat depuis la dernière visite
ad limina. Mon affection rejoint également vos communautés
diocésaines, dont je connais la générosité
et le dynamisme évangélique. Je demande à
l'Esprit Saint, répandu sur les Apôtres, de vous
donner d'avancer au large et d'être votre appui dans le
service du peuple qui vous a été confié,
pour que l'Église-Famille au Burkina Faso et au Niger devienne
toujours davantage le ferment du monde nouveau que le Christ est
venu instaurer pour toute l'humanité !
Portant le souci du développement durable et intégral
des populations de vos pays, si chères à mon cur,
je n'oublie pas la lutte quotidienne qu'elles ont à mener
pour survivre. Les conditions climatiques difficiles de la zone
sahélienne et la désertification croissante de la
région maintiennent les populations dans une pauvreté
endémique qui engendre la précarité et le
désespoir, leur donnant de plus le sentiment de se sentir
mises à l'écart de la scène internationale.
Je veux lancer solennellement un nouvel appel à la Communauté
internationale, afin qu'elle manifeste concrètement et
durablement son soutien aux populations éprouvées
du Sahel, souhaitant que la solidarité, dans la justice
et la charité, ne connaisse ni frontières ni limites
et que la générosité permette de prévoir
l'avenir avec plus de sérénité.
2. Malgré les difficultés liées à
la précarité de la vie des populations locales,
la vitalité missionnaire de vos Églises diocésaines
a pu s'exprimer de multiples manières. Je rends grâce
avec vous pour les célébrations qui ont marqué
le centenaire de l'évangélisation du Burkina Faso.
En cette heureuse occasion, vous avez pu faire l'expérience
de la présence de l'Esprit à l'uvre dans le
cur des croyants depuis les débuts de l'évangélisation.
Je sais avec quel zèle vous avez associé les communautés
locales, notamment par des synodes diocésains, à
la préparation et à la célébration
de ce temps fort ecclésial, qui coïncidait avec l'événement
de portée universelle que fut le grand Jubilé de
l'Incarnation. Les orientations pastorales du premier synode national
du Burkina Faso ont aussi clairement convié les communautés
chrétiennes à ne pas ménager leurs efforts
pour édifier l'Église-Famille de Dieu, appelée
à cheminer vers la sainteté, afin de "permettre
à l'annonce du Christ d'atteindre les personnes, de modeler
les communautés, d'agir en profondeur par le témoignage
des valeurs évangéliques sur la société
et sur la culture" (Novo millennio ineunte, n. 29). En rendant
grâce avec vous pour le travail patient et audacieux des
premiers missionnaires, aidés par de valeureux catéchistes,
j'encourage les Pasteurs et les fidèles à s'en montrer
les dignes successeurs, faisant naître et vivre des communautés
chrétiennes toujours plus joyeuses et plus appelantes,
signes de communion et de fraternité. Que partout où
se trouvent les disciples du Christ soient rendus visibles les
signes de l'amour de Dieu pour les hommes!
3. Évangéliser est une mission essentielle de l'Église.
L'annonce de l'Évangile ne peut se réaliser pleinement
sans la contribution de tous les croyants, à tous les niveaux
de l'Église particulière. Vos rapports quinquennaux
évoquent à plusieurs reprises votre souci pastoral
de rendre les chrétiens, au nom de leur baptême,
toujours plus acteurs dans l'uvre de l'évangélisation.
En effet, "l'action évangélisatrice de la communauté
chrétienne, d'abord sur son territoire et ensuite ailleurs
comme participation à la mission universelle, est le signe
le plus clair de la maturité de la foi" (Redemptoris
missio, n. 49). Développer cette conscience missionnaire
dans le cur de chaque croyant demeure un vrai défi
dont vous prenez bien la mesure.
Pour que l'Église puisse incarner l'Évangile dans
les diverses cultures, en assumant ce qu'il y a de bon dans ces
cultures et en les renouvelant de l'intérieur, j'ai rappelé,
dans l'exhortation apostolique Ecclesia in Africa, que l'inculturation
était une priorité et une urgence dans la vie des
Églises particulières, un cheminement vers une pleine
évangélisation, afin que tout homme "puisse
accueillir Jésus Christ dans l'intégralité
de son être personnel, culturel, économique et politique,
en vue de sa pleine et totale union à Dieu le Père,
et d'une vie sainte sous l'action de l'Esprit Saint" (n.
62). La pastorale de l'inculturation que vous avez mise en uvre
dans vos diocèses porte du fruit, en particulier dans la
vie et le témoignage des communautés chrétiennes
de base, ferments de vie chrétienne et signes concrets
de la communion missionnaire que l'Église-Famille est appelée
à devenir.
Dans vos rapports quinquennaux, vous rendez grâce pour la
vitalité et pour le témoignage de ces petites communautés
locales. Vous mesurez cependant le long chemin qu'il reste à
faire pour que l'Évangile transforme de l'intérieur
l'esprit et le cur des croyants, afin qu'ils se reconnaissent
comme frères et surs dans le Christ. Le retour à
des pratiques anciennes qui ne sont pas encore purifiées
par l'Esprit du Christ, les difficultés à se considérer
membres d'une même famille sauvée par le sang du
Christ, et les dangers d'une civilisation moderne dite de progrès
qui fragilisent les liens dans les familles et entre les groupes
humains: tout cela est pour vous une invitation à ne pas
relâcher vos efforts pour que les disciples du Christ assimilent
pleinement le message évangélique et conforment
leur vie à ce message, sans pour autant renoncer aux valeurs
africaines authentiques.
Les chrétiens ont besoin de trouver des forces neuves pour
surmonter les obstacles à l'annonce de l'Évangile
et pour travailler efficacement à son inculturation: il
est essentiel que leur foi soit toujours plus solidement fondée
et éduquée. Vous avez une vive conscience que cette
responsabilité vous incombe, portant ensemble ce souci
à l'intérieur de la Conférence épiscopale,
par un partage d'expériences et par un approfondissement
théologique et pastoral. Il s'agit de permettre aux pasteurs
et aux fidèles de se laisser saisir par le Christ, d'accepter
de dépendre radicalement de lui, de vouloir vivre de sa
vie et d'apprendre à faire sa volonté, pour cheminer
à sa suite dans la sainteté véritable (cf.
1 Th 4,3). Je vous encourage donc à aider sans relâche
les fidèles laïcs de vos diocèses à
prendre une conscience toujours plus vive de leur rôle dans
l'Église et à honorer ainsi leur mission de baptisés
et de confirmés. La pastorale sacramentelle, la liturgie,
la formation biblique et théologique, mais aussi les diverses
expressions artistiques et musicales, ainsi que les médias,
doivent permettre aux chrétiens de découvrir les
richesses de la foi chrétienne avec les moyens à
leur portée et de s'enraciner dans le Christ pour prendre
une part toujours plus active à la vie des communautés
locales, sans pour autant les soustraire à l'exercice de
leur vocation baptismale dans la vie sociale, économique
et politique de la nation.
4. Dans l'exhortation apostolique Ecclesia in Africa, j'ai souligné
qu'en tant "qu'Église domestique", "construite
sur les bases culturelles solides et les riches valeurs de la
tradition familiale africaine, la famille chrétienne est
appelée à être une cellule puissante de témoignage
chrétien, dans la société marquée
par des mutations rapides et profondes" (n. 92). Vos rapports
quinquennaux évoquent le témoignage donné
par de nombreuses familles, qui vivent de manière héroïque
la fidélité au sacrement du mariage chrétien,
dans le contexte d'une législation civile ou de coutumes
traditionnelles peu favorables au mariage monogame. Alors que
des menaces pèsent aujourd'hui sur la famille africaine
et sur ses fondements, je vous exhorte à promouvoir la
dignité du mariage chrétien, reflet de l'amour du
Christ pour son Église, en rappelant notamment que l'amour
mutuel des époux est unique et indissoluble, que le mariage,
grâce à sa stabilité, contribue à la
pleine réalisation de leur vocation humaine et chrétienne,
et qu'une telle famille est le lieu d'épanouissement des
enfants et de transmission des valeurs. Les communautés
chrétiennes, unies à leurs pasteurs, auront aussi
à cur d'accompagner les familles dans l'éducation
des jeunes. De même, elles auront soin d'aider les fiancés
dans leur cheminement vers le sacrement du mariage, puis plus
tard dans leur vie conjugale et familiale, pour qu'ils puissent
se mettre eux-mêmes au service de l'Église et de
la société.
5. Je vous charge de porter les salutations affectueuses du Pape
aux prêtres de vos diocèses. Je connais les conditions
difficiles dans lesquelles ils sont souvent appelés à
exercer leur ministère. L'éloignement des paroisses,
les infrastructures routières peu développées
et le petit nombre d'ouvriers apostoliques rendent souvent difficiles
le suivi et la formation des communautés chrétiennes.
Je les remercie de leur générosité à
servir le Christ et son Église, et je sais à quel
point vous veillez, avec les moyens dont vous disposez, à
leur procurer tout ce qui est nécessaire à leur
santé spirituelle et à leurs besoins matériels.
En communion profonde avec leurs évêques, qu'ils
mènent une vie toujours plus digne et plus sainte, conforme
à leur vocation et au témoignage qu'ils ont à
donner d'être des hommes de Dieu mis à part pour
le service de l'Évangile ! Disposés à se
conformer au Christ Serviteur, ils pourront devenir des modèles
pour le peuple qui leur est confié, en particulier pour
les plus jeunes, qu'ils inviteront à suivre joyeusement
et radicalement le Christ comme prêtres ou comme consacrés.
Je rends grâce à cette occasion pour le développement
de la vie religieuse dans vos pays, et je vous encourage à
soutenir et à promouvoir ce développement, rappelant
que, sans le signe concret de la vie consacrée, "la
charité de l'ensemble de l'Église risquerait de
se refroidir, le paradoxe salvifique de l'Évangile de s'émousser,
le "sel" de la foi de se diluer dans un monde en voie
de sécularisation" (Vita consecrata, n. 105).
À l'image de vos prédécesseurs dans la foi,
je vous encourage également à manifester avec toujours
plus de générosité, comme vous le faites
déjà, la solidarité de vos Églises
locales avec les pays voisins, qui manquent souvent de pasteurs,
en leur destinant des prêtres et des laïcs missionnaires,
rappelant que "tous les évêques, en qualité
de membres du corps épiscopal qui succède au collège
des Apôtres, ont été consacrés non
seulement pour un diocèse déterminé, mais
pour le salut du monde entier" (Concile Vatican II, Décret
sur l'activité missionnaire de l'Église Ad gentes,
n. 38). Je souhaite que l'esprit de communion ainsi créé,
par lequel chaque Église porte la sollicitude de toutes
les autres, donne un nouvel élan missionnaire à
vos communautés diocésaines et les entretienne dans
le désir audacieux de faire germer le Règne de Dieu.
6. La formation des candidats au sacerdoce est une grave responsabilité
pour l'Évêque. Certains parmi vous en ont fait une
priorité pastorale. Il est essentiel de porter une attention
particulière à l'organisation de cette formation
et de veiller à choisir avec soin des formateurs idoines.
Il est nécessaire aussi de sensibiliser et d'associer les
communautés diocésaines à leur responsabilité
dans la formation des futurs prêtres. "L'Église,
comme telle, est le sujet communautaire qui a la grâce et
la responsabilité d'accompagner ceux que le Seigneur appelle
à devenir ses ministres dans le sacerdoce" (Pastores
dabo vobis, n. 65). De plus, une sérieuse formation spirituelle,
intellectuelle et pastorale, indispensable à l'exercice
du ministère presbytéral, devra être associée
à une solide formation humaine et culturelle. Il sera particulièrement
important d'insister sur la maturation affective des candidats,
nécessaire à celui qui est appelé au célibat;
cela consiste "à offrir, avec la grâce de l'Esprit
et par la libre réponse de sa volonté propre, la
totalité de son amour et de sa sollicitude à Jésus
Christ et à l'Église" (ibid., n. 44).
7. Dans vos pays, les communautés chrétiennes vivent
au sein de sociétés marquées par la prédominance
de l'Islam et des valeurs qui lui sont propres. Je me réjouis
que, comme vous me l'avez dit, les relations des catholiques avec
les croyants de l'Islam soient généralement empreintes
de respect, d'estime et de convivialité. Chrétiens
et musulmans sont en effet "appelés à promouvoir
un dialogue exempt de tous les dangers qu'entraînent un
irénisme de mauvais aloi ou un fondamentalisme militant,
et à s'élever contre des politiques et des pratiques
déloyales, ainsi que contre tout manque de réciprocité
en matière de liberté religieuse" (Ecclesia
in Africa, n. 66). Je vous encourage à cultiver ce dialogue,
en vous dotant de structures et de moyens qui le garantissent,
afin que soit bannie la peur de l'autre, qui naît souvent
de la méconnaissance profonde des valeurs religieuses qui
l'animent, sans jamais renoncer à rendre compte en toute
clarté de l'espérance qui est en vous. Que, dans
le patrimoine authentique de leurs traditions religieuses, chrétiens
et musulmans puisent les forces nécessaires pour collaborer
au développement solidaire de leur pays !
8. Chers Frères dans l'épiscopat, alors que vous
allez retourner chez vous, je vous demande de porter aux prêtres,
aux diacres, aux religieux, aux religieuses, aux catéchistes
et aux laïcs de vos communautés le salut affectueux
du Pape, qui recommande au Seigneur leur vie chrétienne
et leur engagement apostolique. En effet, "la structure de
la communauté apostolique repose sur les uns et les autres"
(Constitutions apostoliques, III). Transmettez aussi à
tous vos concitoyens mes souhaits cordiaux de paix et de prospérité.
Face au scandale de la pauvreté et de l'injustice, je souhaite
en particulier que l'Église continue à jouer son
rôle prophétique et à être la voix des
sans-voix, afin que partout la dignité humaine soit reconnue
à toute personne et que soient promues toutes les initiatives
qui visent à développer et à ennoblir l'homme
dans son existence spirituelle et matérielle (cf. Ecclesia
in Africa, n. 70). Puisse l'Esprit de Pentecôte vous aider
à grandir toujours plus dans l'espérance et guider
l'Église-Famille au Burkina Faso et au Niger vers "la
vérité tout entière" (Jn 16,13), afin
qu'elle maintienne vive la présence du Christ Sauveur au
milieu de son peuple, à travers un ardent témoignage
de vie évangélique ! Je confie à l'intercession
de la Vierge Marie l'avenir de vos diocèses ainsi que celui
des nations dans lesquelles vous vivez. Je lui demande particulièrement
de vous aider dans votre ministère épiscopal. De
grand cur, je vous donne la Bénédiction apostolique,
que j'étends à tous les fidèles de vos diocèses.
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