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Europe / Italie - Le commentaire de Alberto Negri, Envoyé
de " Il Sole 24 Ore ", sur le Message du Saint-Père
pour la Journée Mondiale de la Paix : " Le Pape,
avec ses messages, soutient la démocratie, parce
qu'il la remplit de valeurs dont elle se vide progressivement,
pour devenir seulement une technique de gouvernement et
non une méthode qui soit aussi une philosophie "
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Vatican - les commentaires au Message du Saint-Père pour
la Journée Mondiale de la Paix
Rome (Agence Fides) - Le Message du Pape Jean Paul II pour la
Journée Mondiale de la Paix suscite de vastes échos
et des réflexions dans le monde entier. L'Agence Fides
a déjà publié le texte intégral et
la présentation faite part Mgr Renato Martino, Président
du Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix. Aujourd'hui,
nous avons demandé un commentaire à Alberto Negri,
envoyé du quotidien italien " Il Sole 24 Ore ",
sur les réactions du Message dans les mass media.
Europe / Italie - Le commentaire de Alberto Negri, Envoyé
de " Il Sole 24 Ore ", sur le Message du Saint-Père
pour la Journée Mondiale de la Paix : " Le Pape, avec
ses messages, soutient la démocratie, parce qu'il la remplit
de valeurs dont elle se vide progressivement, pour devenir seulement
une technique de gouvernement et non une méthode qui soit
aussi une philosophie "
Rome (Agence Fides) - Voici la déclaration de M. Alberto
Negri (qui se déclare laïc) sur le Message du Pape
Jean Paul II pour la Journée Mondiale de la Paix.
Les mass media, en Italie surtout, ne reflètent pas ce
que pense l'opinion publique. Avant de donner un jugement sur
les effets des paroles du Pape et sur le caractère réellement
incisif d'un message papal, il faut dire que les mass media sont
certainement des médiateurs, dans le sens qu'ils servent
de médiateurs pour la parole du Pape et la répandent
; mais les messages creusent dans l'opinion publique italienne
et internationale beaucoup plus que ce qui apparaît dans
l'effet purement médiatique. Ceci se passe d'un côté
parce que la société italienne est une société
profondément catholique, liée à la parole
du Pape ; mais aussi parce qu'il représente cette conscience
morale, éthique, qui manque en ce moment à la politique.
Le Pape va remplir des vides d'éthique laissés par
la politique. Ses paroles sont un tissu connectif très
important pour notre pays. Et donc, la longueur des titres, ou
les minutes consacrées par un journal télévisé
ne donnent pas toujours la mesure de l'efficacité d'un
message, surtout quand ce message est véhiculé par
l'Eglise et par le Saint-Père : dans ce cas, l'efficacité
est, à mon avis, très supérieure.
Je le crois, parce que aujourd'hui la scène politique italienne
se nourrit de grandes charges éthiques, idéologiques
ou morales : c'est une politique très liée aux intérêts
de partie, et aux aspects économiques de groupes de pression.
Dans ce vide énorme de la politique italienne s'insère
le Message du Pape. Même dans le cadre de la politique internationale,
il est très important, parce que, au niveau mondial, nous
sommes face à des leadership qui n'ont rien ou peu à
dire du point de vue éthique et moral. La voix du Pape
est donc importante chaque jour un peu plus. Bien plus le fait
que les mass media ont de la peine à l'élaborer
donne la mesure du problème : aujourd'hui, personne ne
commente volontiers le message du Pape, parce qu'il gêne,
et oblige à discuter de questions de haut niveau éthique
Le Pape parle de paix presque chaque dimanche. Il le fait de différentes
manières, dans des perspectives différentes (sur
l'Afrique, les missionnaires, les inégalités, la
Terre Sainte). Le monde laïc et la politique interviennent
sur la paix seulement quand une guerre se profile à l'horizon.
Cela montre le vide énorme dans les projets et dans la
capacité de mobilisation éthique et morale qui existe
actuellement en Occident. C'est précisément sur
ce manque que se sont greffés le terrorisme et le fondamentalisme
: ils s'emparent de valeurs éthiques et morales pour les
changer ensuite, et ensuite pour utiliser la violence pour les
réaffirmer
Mais cette lutte ne se gagne pas seulement par les bombardements
et par les armées : elle se gagne aussi par les idées
et les valeurs. Et le monde occidental vacille sur ses propres
idées et valeurs. Certes l'on répète et l'on
affirme la démocratie. Mais elle peut devenir seulement
de la propagande si on ne la remplit pas des valeurs dont elle
est en train de se vider, pour devenir seulement une technique
de gouvernement, et non une méthode qui soit aussi une
philosophie.
(Agence Fides, 19 décembre 2002)
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