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Un premier convoi humanitaire visite, après 20 jours,
Burhale et Walungu
NOUVELLES DE BUKAVU
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C'est ce jeudi 25 avril qu'un premier convoi humanitaire, formé
par Malteser, un ONG allemand, Caritas Diocésaine et le
Bureau Diocésain des uvres médicales (BDOM),
rejoint les zones de Walungu et de Burhale. Radio Maria Malkia
wa Amani s'est rejointe à ce convoi avec ses envoyés
spéciaux. Notre but est de faire un bilan de la situation
et de raconter ce que les gens de ce territoire sont en train
de vivre.
Voila donc leurs récits.
" Nous sommes arrivés de bonne heure à Mugogo,
à peu prés 30 km de Bukavu. Mugogo c'est le grand
centre de ravitaillement de Bukavu. La présence des militaires
est assez remarquable. Ceux-ci ont prix possessions de toutes
les maisons du Centre Commercial.
N'ayant pas une autorisation, les militaires nous ont barré
la route. Walungu et Burhale restent encore fermés au trafic.
Le Comandant Général Malik, chargé des opérations,
un munyamulenge, appelé par téléphone à
Goma, nous a donné enfin la permission de pouvoir passer.
"
Mais pourquoi une telle autorisation ? Dés le dimanche
des rameaux sont déjà passés 20 jours. Qu'est-ce
qu'on veut cacher derrière tout cela ?
" L'état de la route des planteurs est très
mauvais. Nous passons devant le centre protestant de Buthusa.
Dans le temps la route fourmillée de gens et de commerce,
aujourd'hui personne est là, et les boutiques sont saccagées
et pillées. Nous aimerions monter vers le centre, mais
un peloton de militaires bien armés nous refuse l'accès.
Walungu centre n'a pas été trop touché, pas
de victimes. Mais ce qui est étrange nous trouvons très
peu de gens sur les routes et il n'y pas de circulation de véhicules.
Des centaines et centaines de militaires étaient passé
sans avoir fait aucun dégât. A' l'hôpital nous
distribuons des vivres et des médicaments. Mais la vie
semble avoir de la peine à se rétablir dans la normalité.
Il y a des militaires partout, campés dans les maisons
des habitants de la zone. "
* Burhale blessé, demeure comme un fantôme.
Burhale est presque à 80 km de Bukavu. Il faut passer
par des chemins presque impossibles pour y arriver. La grande
route des planteurs, qui liait le Bushi à l'Urega, semble
impossible.
" Après Walungu nous prenons un raccourci pour atteindre
le territoire de Burhale. Dés le commencement le constat
est très triste, car c'est ici que la violence des soldats
de la DCD a eu des manifestations véritablement féroces
et inhumaines. Partout saccages, pillages, récits de viols,
de maisons brûlées, de vols, de massacres.
" Les militaires étaient avides de sang. Ils montraient
une férocité immense et ils parlaient en kinyarwanda,
en lingala, et pas en swahili ou en mashi. Jamais vu des atrocités
pareilles dans ma vie
C'est la 4e fois que Burhale reçoit
des coups de pillages depuis la guerre de 1996. Aujourd'hui c'est
trop ! Jamais vu, jamais, des choses pareilles. " a raconté
MD au micròs de Radio Maria Malkia wa Amani.
" Avant d'arriver à Burhale, reprend le récit
des nos envoyés spéciaux, nous nous arrêtons
au centre de Santé " Maria, Nyama yo lukogo ",
à l'Ecole Primaire et au Couvent des Filles de Marie de
Cihundu. Quelle désolation ! Tout est pillé et saccagé.
Au centre de santé les médicaments ont était
jetés par terre, les installations ont été
volées. A l'Ecole Primaire de Cihundu c'est le vandalisme
qui prime : Bancs, fenêtres, mobilier
tout à
été détruit. Le Couvent des Surs a
suivi le même sort, et je dirais que les signes laissés
par les soldatesques nous révélaient ouvertement
leur enchaînement violent et prémédité
envers les choses de l'église.
" Je me demande, m'a confié un de notre convoi humanitaire
: Pourquoi ont-ils voulu profaner la chapelle du couvent ? Que
pensaient-ils faire ? Ils pensaient éliminer aussi le Bon
Dieu ?
Non, les militaires de la RCD ont perdu leur tète,
et s'ils s'en prennent au bon Dieu en outragent ce qui est plus
sacré, ont eux-mêmes signé leur condamnation.
"
* Une infâme et intolérable profanation
Enfin nous voila devant l'Eglise Paroissiale de Burhale. Tout
est par terre. On dirait que les militaires avaient eu la mission
de frapper fort sur les structures de l'Eglise Catholique. Cette
destruction méchante avait été programmée,
et certainement voulue. "
" Dans l'Eglise de Burhale les soldatesques RCD se sont
livrées aux actions plus abominables de la profanation
plus méchante et plus horrible : Ils ont ouvert le tabernacle,
emporté le ciboire avec le Très Saint Sacrement.
" " En regardant ce tabernacle vide et presque déchiré,
a raconté un de ce convoi humanitaire, mon corps de croyant
a frémi de colère et de zele. Je me suis rappelé
les paroles de Jésus sur la croix : - Seigneur, pardonnes
leurs, car ils ne savent pas ce qu'ils ont en train de faire -
et les paroles de Marie Magdeleine au Sépulcre : - Où,
vous avez mis le corps du Christ . "
" A Burhale il n'y a personne. Tout est vide et silence .
Un petit groupe de gens nous accueille avec une grande surprise.
Il nous approche pour nous saluer et pour nous raconter. La Monuc,
depuis trois jours, est à Burhale.. Nous rencontrons les
agents de la Monuc dans la cour de la paroisse. Ils sont en culottes
et en dos nu, comme des gens sur une plage de la Florida. Ils
assument une présence (et c'est tout ?).
Avec les gens, qui entre temps se sont regroupés autour
de nos véhicules, nous parlons de tout. Tout prés
de l'Eglise il y a encore de la terre fraîche, qui semble
avoir été remuée il n'y a pas longtemps.
" Oui, il y a eu des morts, beaucoup de morts, me dit un
secouriste. Certains ont été enterrés là
bas
des autres dans les alentours. Impossible connaître
le nombre. Burhale pleure ses morts tout en implorant justice.
"
Sur le nombre des victimes il règne encore une confusion
: on parle de 50, de 100, de 1000.
Demain, quand la peur sera totalement vaincue, nous saurons alors,
peut être, toute la vérité.
Kamangala, a perdu ses bijoux ,
il se montre avec un visage de profonde tristesse
Le lycée Kamangala n'est pas loin du Centre de Burhale.
Dans cette école, qui était le bijou de Ngweshe,
centaines et centaines de femmes congolaises ont reçu leur
formation.
" Le Lycée Kamangala est occupé par la Monuc.
Autour du Lycée il y a pas mal de positions de soldats
de la RCD. Kamangala à été profané,
a perdu ses bijoux. Dans les classes, les dortoirs, le grand réfectoire,
etc.
partout il n'y a que des signes de destruction voulue
et bien ourdie. La statue de la Vierge Marie a été
cassée en petits morceaux. La grande statue de Saint Joseph
a été trouée au dos.
Dans la chapelle tout est parterre. Ont sent ici très bien
les intentions de la RCD : de vouloir en finir avec l'Eglise Catholique,
car celle-ci semble supporter Mudundu 40. "
" Le constat est amer. Partout désolation, peur,
haine. Comme journaliste nous ne pouvons pas nous taire sur ces
tueries gratuites, assassinats sommaires, profanations du sacré,
viols. On parle de 14 femmes violées, de 22 maisons brûlées,
de 45 cadavres, seulement à Burhale. Comme journaliste
nous nous posons des questions. Mais pourquoi tout cela ? Une
punition à une Eglise qui supporte les MayiMayi de Mudundu
40 ? Ou bien, disons le ouvertement. Il y a des autres motivations
profondes de déstabilisation, de provocations, de maintenir
le status quo, de détruire le processus de paix entamé
?
Nous quittons Burhale, dans nos curs une immense tristesse.
Nous avons pleuré devant cette horrible barbarie. Ce secouriste
de la Croix Rouge, en me saluant, me dit - Nous ne pouvons pas
connaître tout ce qui est arrivé à Burhale.
Les militaires sont encore parmi nous. Des violences de tout genre
continuent à se perpétrer partout
Cette fois
la blessure de Burhale est très grave. "
Sur le chemin du retour nous apprenons(et notre source est digne
de grande foi) que Mushinga, le village natal de Mudundu 40, est
inaccessible et interdit à toute circulation et qu'en plus
il est présidé par les troupes tutsi du Rwanda,
présentes en grand nombre. "
Radio Maria Malkia wa Amani
Ce samedi 26 avril 2003
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