VATICAN - Clôture du Colloque international à l’Université pontificale urbanienne : la mission selon les contextes continentaux, défis et espoirs

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Cité du Vatican (Agence Fides) – Dans le cadre du Colloque international « De Maximum illud à Evangelii gaudium, sur l’urgence de la transformation missionnaire de l’Eglise » (voir Fides 26/11/2019), qui se conclut à l’Université pontificale urbanienne en ce jour, une vaste place a été accordée aux « contextes de mission » sur les différents continents, mettant en évidence les défis et les espoirs. Nous reportons ci-après quelques observations faites sur la base des nombreuses interventions ayant enrichi la réflexion.
Ainsi, le Pr. Eloy Bueno de la Faculté de Théologie du nord de l’Espagne, a mis en évidence le fait que les Eglises européennes doivent récupérer et mettre à jour la signification de la mission ad gentes afin que cela enrichisse tant l’Eglise que la mission universelle. De cette manière, l’Europe sera aidée à trouver son rôle dans une Eglise mondiale et dans un nouveau contexte géopolitique international. Il s’agit d’un devoir urgent à un moment historique où l’Europe connait une forte crise d’identité et d’éloignement du Christianisme.
Un style de vie authentiquement chrétien est déjà devenu un programme de minorité en Europe alors que les célébrations de l’Eglises sont considérées seulement comme un programme culturel a relevé le Père Karl Wallner, Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires en Autriche, craignant dans le même temps que le thème d’une « missio ad gentes » en Europe ne soit pas suffisamment fort. La diminution du nombre de croyants a déjà un effet dans la mission mondiale au travers d’une rapide baisse des donations en faveur des jeunes Eglises. La quête de la Journée mondiale missionnaire en Europe a permis de collecter 63 M€ en 2008 contre seulement 40 en 2018. Dans le cadre de l’annonce missionnaire, a-t-il en outre souligné, l’Eglise connait également un problème de modernisation et elle n’est pas encore arrivée à l’ère numérique. Elle ne fait pas encore pleinement usage de la télévision, de la radio et des réseaux sociaux.
Dans les années 1950, le Canada francophone envoyait des missionnaires dans le monde entier. Le Catholicisme était très fort. Des Congrégations et instituts missionnaires canadiens étaient alors fondés a rappelé le Père Yoland Ouellet, Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires pour le Canada francophone. Nous vivons désormais dans un monde sécularisé, dans un désert spirituel, marqué par des « valeurs modernes » que sont le matérialisme, l’individualisme, le narcissisme, le relativisme et l’athéisme. Il existe cependant des signes d’espérance et de grands défis pour la Mission dans ce contexte. Dans l’ensemble des 28 Diocèses francophones du Canada, nous parlons de Mission pour former des disciples missionnaires et des communautés missionnaires de disciples. Nous redécouvrons la nature de l’Eglise et la grâce de notre baptême. Le défi consiste dans la conversion de notre culture catholique et des manières de faire et de voir les choses comme nous avons été habitués à le faire pendant des années.
Le Pr. Pierre Diarra, de l’Institut Catholique de Paris, par ailleurs Secrétaire des Œuvres pontificales missionnaires de France, a parlé d’une Afrique qui change, en tension entre difficultés et espoirs, s’attardant sur un certain nombre de défis missionnaires à relever, tant théologiques que socioculturels, concernant la pauvreté, la manière de gouverner, le dialogue du salut, insistant sur l’accueil de l’Evangile et sur la fraternité dans le Christ qui suppose la formation de tous, l’engagement en faveur des indigents et la valorisation de la mission assurée par les femmes.
Dans la majeure partie des pays d’Afrique, la situation de la mission est généralement semblable, à peu de cas près, a expliqué le Pr. Florence Oso, du Département de Théologie du Grand Séminaire de Bodija, Ibadan (Nigeria). La mission est réalisée dans le contexte de communautés au sein desquelles certains ont connu le Christ et ont besoin d’une compréhension plus profonde, alors que d’autres ne L’ont jamais rencontré, ce qui requiert la missio ad gentes. Par suite, la mission de l’Eglise en Afrique consiste aujourd’hui à soutenir la foi et à la fonder. Il est indéniable que l’Eglise en Afrique a relevé des défis dans différents secteurs et ceux-ci ont ralenti la progression de sa mission évangélisatrice. En ce qui concerne les défis mettant à l’épreuve la mission en Afrique, l’enseignante a cité l’ethnocentrisme, la crise éthique et politique, la crise économique et la pauvreté, les pressions extérieures et la mondialisation, le syncrétisme, le pentecôtisme et les autres sectes religieuses, le terrorisme et les enlèvements, les guerres intertribales, les conflits religieux et la migration.
De son côté, le Pr. Clarence Sandanaraj Davedassan, du Centre de recherche catholique de Kuala Lumpur, en Malaisie, a rappelé que la population asiatique représente près de 60% de la population mondiale et que près de 13% de cette population est chrétienne. L’Asie n’est donc pas seulement le lieu où sont nés Jésus et l’Eglise, mais elle est aussi le lieu où sont nées le plus grand nombre de religions du monde. Les réalités différentes et complexes de l’Asie présentent des opportunités et des défis mais l’appel de l’Eglise à « sortir évangéliser » se renouvelle dans la vie de l’Eglise. Dès lors, l’Asie, avec sa pluralité de religions et de traditions, peut offrir à l’Eglise universelle un paradigme différent de réflexion à cet appel.
Le défi principal en Asie est d’évangéliser les laïcs, qui représentent l’instrument le plus efficace pour l’évangélisation du monde. C’est ce qu’a affirmé Manoj Sunny, Directeur international chargé de la formation Jesus Youth, ancien Coordinateur de la Fraternité des Mouvements ecclésiaux en Asie, lequel a appelé à se concentrer sur l’évangélisation de l’Asie, en considérant la croissance économique du continent, la croissance rapide de la Chine continentale et de l’Inde et le grande nombre de migrations allant de l’Asie en direction de différentes autres parties du monde de la part d’étudiants, de travailleurs, de familles ou de réfugiés. Le phénomène répandu de la migration, le monde scintillant des moyens de communication et de la technologie, qui influence en particulier les enfants, les adolescents et les jeunes, lancent de nouveaux défis au secteur missionnaire. En rappelant que tous les baptisés sont « des agents d’évangélisation », l’attention se concentre par suite sur la formation de disciples missionnaires, afin de raconter l’histoire de Jésus en Asie, où tout commença. (S.L.) (Agence Fides 29/11/2019)


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