ASIE/INDONESIE - Appel des Evêques à accepter le résultat des urnes après la réélection du Président sortant

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Bain de foule de l'alors gouverneur de Djakarta et actuel Président indonésien, Joko Widodo en avril 2013

Djakarta (Agence Fides) – « Les récentes élections présidentielles et législatives se sont révélées les plus difficiles pour la nation du moment que des centaines de membres du Comité électoral sont décédés suite à une charge de travail excessive. Maintenant, nous devons accepter la décision de la Commission électorale. Quiconque ait été choisi par le peuple et conduira la nation, il fera certainement l’intérêt commun. Nous désirons inviter les parlementaires et les représentants régionaux élus à toujours protéger le bien commun et la justice sociale ». C’est ce que déclare à l’Agence Fides l’Archevêque de Pontianak (West Kalimantan), S.Exc. Mgr Agustinus Agus, au lendemain de l’annonce des résultats des élections indonésiennes.
Hier, la Commission électorale d’Indonésie a annoncé que le Président sortant, Joko Widodo, a remporté les élections présidentielles, déclarant officiellement que Joko Widodo et son Vice-président, Ma'ruf Amin, ont obtenu 55% des suffrages contre 44,5% à Prabowo Subianto et au candidat à la vice-présidence, Sandiaga S. Uno. Quelques 85,6 millions d’indonésiens ont donc voté en faveur du Président sortant sur un total de 154 millions d’électeurs. A 57 ans, il débute officiellement son second mandat.
La proclamation de la Commission électorale requiert l’approbation des deux candidats et Aziz Subekti, délégué de Prabowo Subianto, a refusé de signer et de valider le résultat officiel en déclarant : « Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte contre les injustices, les fraudes et les abus ». Des désordres et des contestations sont attendus avec crainte dans tout le pays, déjà organisées hier à Djakarta par le parti de Prabowo Subianto qui a annoncé un recours devant la Cour constitutionnelle indonésienne. Au lendemain du scrutin, le candidat d’opposition s’était déjà autoproclamé vainqueur, revendiquant 62% des suffrages sans aucune preuve légale crédible pour confirmer ses dires.
Déjà en 2014, Prabowo Subianto, vaincu par Joko Widodo, avait déposé un recours devant la Cour Suprême mais avait été débouté. Il semble avoir maintenant choisi la voie de la protestation de rue. Parmi les partisans de Prabowo Subianto se trouvent notamment des groupes promouvant la « protestation djihadiste », invitant au soulèvement populaire. Les forces de sécurité indonésienne contrôlent actuellement la situation, y compris pour prévenir de possibles attaques terroristes qui pourraient déstabiliser la nation.
Au cours de ces dernières semaines, la majeure partie des partis politiques ayant appuyé Prabowo Subianto – comme le Parti démocratique de l’ancien Président indonésien Yudhoyono, le Parti du Mandat national et le parti Justice et Prospérité – n’ont pas partagé la ligne politique du candidat, ce qui délégitime le résultat du vote. (MH) (Agence Fides 22/05/2019)


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