ASIE/LIBAN - Requête de la communauté chaldéenne libanaise d’un ministère au moins confier à un chrétien non maronite

vendredi, 14 décembre 2018 proche-orient   eglises orientales   minorités religieuses   politique   sectarisme  

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Beyrouth (Agence Fides) – Au Liban, le long processus en vue de la formation d’un gouvernement est parvenu à ces « cent derniers mètres » selon ce qu’a déclaré le 13 décembre le Premier Ministre désigné, Saad Hariri, responsable du parti sunnite « Avenir ». C’est dans ce cadre délicat, à plus de 7 mois désormais des élections législatives du 6 mai dernier, que le Conseil de la communauté chaldéenne au Liban a soumis au Président libanais, le Général (2S) Michel Aoun, une demande visant à ce qu’au moins un ministère soit confié à un chrétien appartenant à l’une des communautés chrétiennes minoritaires présentes au Liban aux côtés de l’Eglise maronite prédominante. La requête, présentée par Antoine Hakim, Président du Conseil de la communauté chaldéenne au Liban, a été mise au point lors d’une réunion tenue en présence de l’Evêque chaldéen de Beyrouth, S.Exc. Mgr Michel Kassarji.
Le texte contenant la demande fait état de la « surprise pour la manière dont l’Etat libanais traite les communautés chrétiennes » présentes sur son territoire aux côtés de l’Eglise maronite. De l’avis du Conseil de la communauté chaldéenne au Liban, de telles communautés « ont été privées de leurs droits légitimes et traitées somme si elles provenaient d’une autre planète », un traitement qui est également mis en rapport avec les processus d’émigration qui réduisent progressivement l’importance numérique de ces communautés chrétiennes libanaises non maronites. Selon ce qu’indique le document diffusé par Antoine Hakim, « des critères minimaux de justice » rendent nécessaires la nomination au sein de tout gouvernement d’au moins un ministre choisi par roulement dans les rangs de l’une des Eglises et communautés chrétiennes présentes au Liban en dehors de l’Eglise maronite.
Comme cela avait été indiqué en son temps par Fides (voir Fides 16/03/2017), dès mars 2017, des Evêques et membres éminents d’Eglises chrétiennes présentes au Liban aux côtés de l’Eglise maronite se sont rencontrés au siège de l’Eparchie chaldéenne de Beyrouth, signant conjointement un appel au Président Aoun et aux forces politiques libanaises dans lequel ils demandaient la garantie d’une représentation adéquate au sein des institutions politiques et administratives de leurs propres communautés. A ladite réunion, ont participé des représentants de l’Eglise chaldéenne – y compris S.Exc. Mgr Michel Kassarji – de l’Eglise catholique de rite latin – dont le Vicaire apostolique, S.Exc. Mgr César Essayan OFM Conv. – et des Eglises assyrienne, syriaque catholique, copte catholique, syro-orthodoxe et copte orthodoxe. En particulier, le document signé par les participants et consulté par l’Agence Fides indique que les Eglises représentées n’appuieront aucune nouvelle loi électorale – question actuellement au centre du débat politique libanais – qui ne prévoirait pas au moins trois sièges parlementaires réservés aux représentants de communautés chrétiennes non maronite.
Selon le système institutionnel libanais, la fonction de Président de la République est réservée à un chrétien maronite. (GV) (Agence Fides 14/12/2018)


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