ASIE/INDONESIE - Vers la remise en liberté en janvier de l’ancien gouverneur chrétien de Djakarta

jeudi, 13 décembre 2018 minorités religieuses   politique   islam   islam politique   blasphème   christianisme  

Djakarta (Agence Fides) – L’ancien gouverneur chrétien de Djakarta, Basuki Tjahaja Purnama, plus connu sous le surnom de Ahok, qui purge actuellement une peine de deux ans de réclusion pour blasphème religieux, sera remis en liberté le 24 janvier prochain. C’est ce qu’a rendu public le Ministère des Droits fondamentaux indonésien. Ainsi que l’a appris l’Agence Fides, la libération anticipée de l’homme politique a été décidée sur la base d’une remise de peine dont il bénéficiera au cours des prochaines fêtes de Noël. Après avoir passé 19 mois en prison, sur une condamnation de deux ans, Basuki Tjahaja Purnama a en effet été intégré à la liste des personnes qui bénéficieront de remise de peine partielle disposée par le gouvernement le jour de Noël.
« Basuki Tjahaja Purnama obtiendra une remise de peine de trois mois et 15 jours » ce qui signifie qu’il aura achevé sa peine, a déclaré le Directeur général du Ministère, Puguh Sri Budi Utami.
En Indonésie, il existe une coutume selon laquelle, lors des festivités civiles ou religieuses de l’année – telles que Noël, le jour de l’Indépendance etc. – le gouvernement puisse disposer une remise de peine pour certaines catégories de détenus.
Un tribunal indonésien avait condamné Basuki Tjahaja Purnama, le reconnaissant coupable d’avoir diffamé l’islam au cours de son discours de Thousand Islands en 2016, lui infligeant une peine de deux années de réclusion à compter du 9 mai 2017. La condamnation controversée a été émise quelques semaines après qu’il n’ait pas obtenu sa réélection au poste de gouverneur de Djakarta, poste perdu au profit du musulman Anies Baswedan.
Au sein du parti politique du Président indonésien, Joko Widodo, dont faisait partie Basuki Tjahaja Purnama, et qui se trouve maintenant engagé dans la campagne électorale en vue des élections présidentielles d’avril prochain, certains souhaiteraient que Basuki Tjahaja Purnama reprenne une activité politique active. D’autres analystes considèrent en revanche que sa présence pourrait constituer un nouveau prétexte pour envenimer, au travers de manipulations religieuses, la campagne électorale. Le 2 décembre dernier, à Djakarta, des groupes extrémistes ont organisé une manifestation pour commémorer le 2 décembre 2017, date à laquelle ils avaient organisé un rassemblement massif de protestation contre Basuki Tjahaja Purnama, alors accusé de blasphème, et pour en demander la condamnation. (SD) (Agence Fides 13/12/2018)


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