ASIE/NEPAL - L’instruction, méthode principale de lutte contre la traite des femmes

samedi, 27 janvier 2018 droits fondamentaux   femmes   ordres religieux   société civile   trafic d'êtres humains   instruction  

Caritas

Plus de 7.000 népalaises par an victimes de la traite

Katmandu (Agence Fides) – Oeuvrer afin d’améliorer l’instruction et l’accès à l’emploi des jeunes filles et des femmes constitue le plus sûr chemin pour lutter efficacement contre le dramatique phénomène du trafic d’êtres humains et surtout de femmes au Népal. C’est ce que déclare à l’Agence Fides Sœur Marissa Vayalil, de la Congrégation de Jésus. La religieuse, active dans le domaine de la promotion sociale des femmes népalaise, explique à Fides : « Accroître la conscience dans les familles, travailler afin de garantir l’instruction et en faveur de l’émancipation sociale des jeunes filles, promouvoir une application plus rigide des lois : de telle sorte, il est possible de faire beaucoup pour prévenir le trafic d’êtres humains au Népal ».
La religieuse est enseignante et administratrice de l’école secondaire Sainte Marie de Katmandu, fondée en 1955. L’institut est ouvert et fréquenté par des jeunes filles de toutes les communautés, indépendamment de leur statut social, de leur ethnie ou de leur religion ».
L’école Sainte Marie offre un service dans le secteur de l’instruction qui est très apprécié. Elle n’impartit pas seulement un instruction aux jeunes filles mais les aide également à former leur personnalité de manière complète, en développant et en promouvant la force de caractère et des valeurs tels que l’amour de la vérité, le respect, la loyauté, le sens de la justice et la nécessité d’un travail honnête. « Le parcours de formation que les jeunes filles suivent au sein de l’institut fait éclore leur féminité et devient un bénéfice pour leurs familles et pour la société tout entière » remarque Sœur Marissa Vayalil.
Le trafic d’êtres humains, et surtout la traite des jeunes filles et des femmes, demeure un grand défi pour le pays. Les groupes de la société civile et l’Eglise, aux côtés des institutions, font actuellement de leur mieux pour endiguer le phénomène, renforcé par « une spirale de problèmes sociaux et politiques, tels que la pauvreté et l’indigence mais aussi l’instabilité politique, qui compliquent la question » explique la religieuse.
L’UNICEF indique que, chaque année, sont conduites illégalement en Inde en provenance du Népal plus de 7.000 jeunes filles, sachant qu’actuellement quelques 200.000 jeunes népalaises sont employées contre leur volonté comme prostituées en Inde.
Selon des données provenant d’ONG, le phénomène aurait des dimensions encore supérieures, intéressant de 12.000 à 15.000 jeunes filles chaque année, conduites illégalement en Inde, surtout en vue de leur exploitation sexuelle.
Le phénomène a encore été aggravé par le fort séisme qui a frappé le Népal au début de 2015, endommageant des infrastructures et des maisons et ralentissant le développement économique du pays. Les bouleversements politiques enregistrés au cours de ces dernières années et les récentes protestations publiques, en majorité dans le sud du Tarai, ont ralenti la reprise post-sismique et freiné les si nécessaires réformes économiques, avec un impact social négatif en termes d’expansion de la pauvreté plutôt forte.
Le Népal fait partie des pays les plus pauvres et les moins développés du monde, avec presque un quart de sa population vivant sous le seuil de pauvreté. La nation aurait des potentialités notables pour sa capacité à produire de l’énergie hydroélectrique mais l’incertitude politique fait obstacles aux investissements étrangers. (SD) (Agence Fides 27/01/2018)


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