ASIE/PHILIPPINES - Plateforme de la société civile philippine à Genève pour demander la fin des exécutions sommaires liées à la lutte contre la drogue

vendredi, 22 septembre 2017 droits fondamentaux   exécutions sommaires   drogue   jeunes  

Genève (Agence Fides) – « il est urgent de défendre la démocratie et les droits fondamentaux aux Philippines. La guerre contre la drogue entreprise par le Président Duterte a provoqué des milliers d’exécutions sommaires, de l’impunité et des signes pressants d’une montée de l’autoritarisme ». C’est ce qu’affirme un forum d’organisations de la société civile philippine, réunies au sein de la plateforme Ugnayan Bayan qui, ces jours-ci, en parallèle avec la 36ème session du Conseil des Nations unies pour les droits fondamentaux, a organisé une manifestation face au quartier général des Nations unies à Genève. Ainsi que l’a appris Fides, simultanément, des milliers de fidèles ont participé à Manille à une Messe solennelle en l’église Saint Augustin avant de former un cortège de protestation pacifique à Luneta Park, dans le centre de Manille, pour exprimer leur ferme opposition à la « politique des homicides » promue par le Président Rodrigo Duterte dans le cadre de la « guerre contre la drogue », refusant dans le même temps toute tentative d’imposer la loi martiale dans le pays.
Du forum en question font partie différents religieux catholiques, engagés en faveur de la défense de la vie, dont le Père Albert Alejo SI, qui explique à Fides : « Les exécutions sommaires constituent le signe distinctif de la guerre à la drogue de l’administration Duterte. Les morts, depuis juin 2016, sont au nombre d’au moins 12.000 dont 54 mineurs. Le problème de la diffusion de la drogue est plus qu’un problème criminel. Il s’agit également d’un problème de santé publique, fruit de la pauvreté ».
La plateforme de la société civile philippine, dont font partie de nombreuses associations chrétiennes, demande « de mettre fin à l’impunité : nous demandons des enquêtes impartiales sur les meurtres et la poursuite des tueurs, garantissant ainsi l’Etat de droit ». « Le Président Duterte – indique le communiqué envoyé à Fides – devrait être considéré comme responsable des milliers d’exécutions sommaires. Son encouragement public continuel à la police afin que soient éliminés ceux qui commettent des délits liés à la drogue a alimenté la spirale des homicides ».
Les communautés catholiques des Philippines ont déploré avec colère les homicides répétés d’adolescents dont un catholique de 17 ans, Kian delos Santos, Carl Angelo Arnaiz, âgé de 19 ans et Reynaldo de Guzman, 14 ans, tués alors qu’ils se trouvaient sous la garde d’agents. Dans le cas de Kian delos Santos, la police a déclaré que le jeune homme était un courrier de la drogue, tué au cours d’une opération anti-drogue, mais l’enregistrement d’une caméra vidéo montre que, bien avant d’être tué, il avait déjà été arrêté et pris en consigne par la police.
Les organisations lancent une alarme en ce qui concerne la défense des droits fondamentaux aux Philippines : « Le Président dénigre souvent les droits fondamentaux comme étant un obstacle à la paix et au développement et en menaçant les activistes qui critiquent son gouvernement ». C’est pourquoi, affirment-ils, « il est urgent de protéger et de renforcer nos institutions démocratiques », en condamnant toute forme d’autoritarisme et le retour à la loi martiale, encore en vigueur sur l’île de Mindanao. (PA) (Agence Fides 22/09/2017)


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