ASIE/PHILIPPINES - Commentaires de deux ONG concernant la première année du mandat du Président Duterte

samedi, 1 juillet 2017 droits fondamentaux   justice   paix   politique   société civile   démocratie   légalité  

Exposition photographique dédiée aux exécutions sommaires

Manille (Agence Fides) – Au cours de la première année de sa présidence, Rodrigo Duterte et son administration « ont été responsables d’une vaste gamme de violations des droits fondamentaux, d’intimidations et d’arrestations de personnalités critiques, instaurant un climat privé de loi ». C’est ce qu’affirme une note d’Amnesty International rappelant que, le 30 juin 2016, Rodrigo Duterte a officiellement pris ses fonctions. L’ONG mentionne « la violente campagne gouvernementale contre la drogue qui a causé des milliers d’exécutions sommaires, davantage même que celles qui purent se compter durant le régime de Ferdinando Marcos de 1972 à 1981 ».
« Rodrigo Duterte – indique la note d’Amnesty International envoyée à Fides – a accédé au pouvoir en promettant de mettre un terme à la criminalité. En revanche, des milliers de personnes ont été tuées par ou pour le compte d’une police qui agit en dehors de la loi, sur l’ordre d’un Président qui n’a montré que du mépris pour les droits fondamentaux et ceux qui les défendent ».
« La violente campagne de Rodrigo Duterte a transformé le pays en un lieu encore plus dangereux. Elle a compromis l’Etat de droit et a octroyé à son auteur la réputation d’être un responsable coupable de la mort de milliers de ses concitoyens » a déclaré James Gomez, Directeur d’Amnesty International pour le Sud-est asiatique et le Pacifique.
En février dernier, Amnesty International avait publié un rapport dénonçant le fait que la police ait été transformée en une entreprise criminelle, tuant des personnes en majorité pauvres soupçonnées de faire usage ou de vendre de la drogue, en payant des tueurs, accaparant les biens des personnes tuées, plaçant de fausses preuves sur leurs cadavres et demeurant totalement impunie. « Le gouvernement de Rodrigo Duterte évite à tous les niveaux de prendre ses responsabilités. Il n’existe pas d’enquêtes crédibles au niveau national pas plus que de collaboration avec le Rapporteur spécial de l’ONU » a souligné James Gomez.
Cette même position est défendue par Human Rights Watch (HRW) qui indique que le Président Rodrigo Duterte a « déchainé une catastrophe en ce qui concerne les droits fondamentaux au cours de sa première année de mandat ». HRW note « une brusque diminution du respect des droits fondamentaux » et rappelle que les forces de sécurité et « des hommes armés non identifiés » ont tué au moins 7.000 toxicomanes présumés à compter du 1er juillet 2016 alors que l’administration Duterte « a rejeté tous les appels, nationaux et internationaux, demandant à faire la lumière sur les abus commis ».
« Rodrigo Duterte est arrivé au pouvoir en promettant de protéger l’ordre public et les droits fondamentaux et il a en revanche passé sa première année de fonctions en agissant comme un instigateur turbulent d’une campagne d’exécutions illégales » affirme Phelim Kine, Vice-directeur pour l’Asie d’HRW qui, par le biais d’enquêtes de terrain, a confirmé la tentative de « donner une apparence de légalité à des exécutions sommaires qui peuvent équivaloir à des crimes contre l’humanité ».
Les deux ONG constatent « le mépris du gouvernement de Rodrigo Duterte pour le droit international », y compris dans la tentative de réintroduire la peine de mort pour les délits liés à la drogue et invitent le Sénat des Philippines – qui doit encore se prononcer à ce sujet – à rejeter cette tentative. L’ONG philippine Karapatan (littéralement Alliance pour le progrès des droits du peuple NDT) rappelle en outre l’exécution sommaire de 64 activistes des droits fondamentaux et critique l’imposition de la loi martiale sur l’ensemble de l’île de Mindanao, qui légitime actuellement les forces armées à appliquer des méthodes répressives, des tortures et des abus des droits fondamentaux, dénoncés également devant la Cour Suprême. (PA) (Agence Fides 01/07/2017)


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