ASIE/IRAQ - Rejet de toute modification du statut de la province de Ninive de la part du Parlement irakien

mardi, 27 septembre 2016 minorités religieuses   politique internationale   sectarisme  

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Bagdad (Agence Fides) – Le Parlement irakien a voté hier, 26 septembre, une motion visant à exclure toute hypothèse de modification des frontières et du statut juridique de la province septentrionale de Ninive. La motion, présentée par le parlementaire sunnite Ahmed Jarba, a obtenu un vaste consensus au sein de l’assemblée parlementaire, recueillant le soutien des forces chiites et de nombreux parlementaires sunnites. Le peuple irakien – a déclaré A Jarba après le vote – « rejette toute hypothèse préventive de répartition et de reconfiguration juridique de la plaine de Ninive ». Selon les partisans de la motion, toute modification des frontières et de l’actuel statut administratif et juridique de la province représenterait, au moment présent, une violation de la Constitution irakienne. Selon eux – indiquent des sources locales consultées par l’Agence Fides – les questions concernant la future organisation institutionnelle de la zone seront traitées seulement si et au moment où sera réalisée la pleine libération de ces terres de la coupe des djihadistes du prétendu « Etat islamique ». Dans tous les cas, les projets visant à reconfigurer la zone sur une base ethnique ou sectaire représentent autant de tentatives – promues par des forces extérieures – de conditionner les futurs scénarios politiques de la région « sous le prétexte de venir en aide aux minorités religieuses ».
La motion adoptée par le Parlement irakien représente un signal fort et intentionnel à l’encontre de toutes les hypothèses – cultivées tant à l’intérieur qu’en dehors de l’Irak – visant à subdiviser la province de Ninive et à en tirer des « zones protégées » réservées à des groupes minoritaires, ethniques et religieux, les dotant d’une vaste autonomie politique et administrative. Ces derniers temps (voir Fides 16/09/2016), des campagnes et des initiatives politiques, lancées surtout aux Etats-Unis, avaient remis sur le devant de la scène les projets, régulièrement proposés, visant à transformer la plaine de Ninive en une zone autonome réservée aux populations chrétiennes, chaldéennes, syriennes et assyriennes. Le 9 septembre dernier, douze membres de la Chambre des Représentants des Etats-Unis – 9 républicains et 3 démocrates – avaient par ailleurs présenté à la Commission des Affaires étrangères de ladite Chambre une résolution visant à demander au Congrès et à la communauté internationale de promouvoir auprès du gouvernement irakien la reconnaissance d’une province correspondant à la plaine de Ninive organisée selon des critères juridiques cohérents avec « l’autodétermination de la part des populations indigènes ».
La résolution, présentée par le républicain Jeff Fortenberry au nom de ses collègues, appuyait sa requête sur une liste de 16 considérations, nombre desquelles faisaient référence aux campagnes réalisées au cours des mois précédents pour pousser l’administration américaine ainsi que d’autres instances politiques occidentales, à appliquer la définition de génocide aux différentes formes de brutalité et d’oppression perpétrées par les djihadistes du prétendu « Etat islamique » à l’encontre des chrétiens et d’autres groupes minoritaires. (GV) (Agence Fides 27/09/2016)



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