ASIE/PAKISTAN - Demande d’abrogation de la loi sur le blasphème de la part de la Commission de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale

mardi, 30 août 2016 blasphème   liberté religieuse   minorités religieuses   droits fondamentaux   islam  

S.K.

Genève (Agence Fides) - La Commission de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale a demandé au Pakistan d’abroger la loi sur le blasphème. Dans le rapport périodique dédié au pays, publié le 26 août et parvenu à Fides, la Commission ayant son siège à Genève, « prend acte des efforts de l’Etat visant à prévenir l’abus de l’usage des lois sur le blasphème » mais exprime également sa préoccupation « pour la définition vaste et vague de délits contre la religion prévus par les articles de cette loi » qui consiste en certains articles du Code pénal du Pakistan et fait mention de « l’usage disproportionné de ces lois à l’encontre d’individus appartenant à des minorités ethniques et religieuses ».
La Commission déplore « le nombre élevé de cas de blasphème basés sur de fausses accusations et en l’absence d’enquêtes et d’actions pénales » les concernant alors que « les magistrats qui jugent des cas de blasphème subissent des intimidations, des menaces de mort et sont victimes d’homicides ».
La Commission recommande au Pakistan « de prendre en considération l’abrogation de la loi sur le blasphème, qui va à l’encontre de la liberté d’expression et de religion établie par la Constitution » et demande « de prendre toutes les mesures nécessaires afin de poursuivre et de punir ceux qui présentent de fausses accusations » et « de protéger les juges ».
Parmi les autres recommandations visant à bloquer la discrimination et à protéger les minorités ethniques et religieuses, il est demandé de renforcer l’indépendance et l’efficacité de la Commission des droits fondamentaux du Pakistan, instituée par l’Etat en 2015, y compris en lui attribuant des ressources suffisantes et en élargissant ses compétences et pouvoirs, lui permettant d’enquêter sur l’ensemble des cas de violation des droits fondamentaux. (PA) (Agence Fides 30/08/2016)


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