AFRIQUE/OUGANDA - Elections présidentielles et avertissement des Evêques à l’égard des « tendances dictatoriales »

jeudi, 18 février 2016 elections   evêques  

Kampala (Agence Fides) – Les bureaux de vote sont ouverts aujourd’hui, 18 février, en Ouganda pour les élections présidentielles et législatives. Le Président sortant, Yoweri Museveni, aux affaires depuis 30 ans, est donné favori.
Les Evêques ougandais, dans une Lettre pastorale intitulée « Elections libres et correctes : notre mission commune pour consolider les conquêtes démocratiques en Ouganda », publiée en août dernier, ont présenté leurs évaluations et leurs indications concernant cet important rendez-vous électoral.
Les Evêques, tout en reconnaissant les progrès accomplis au cours de ces dernières années dans le domaine du renforcement de la démocratie, avertissent que les luttes intestines aux partis politiques ont souvent débouché sur « des crises politiques majeures ». Ils rappellent que « en Ouganda, la violence qui a caractérisé les changements de gouvernement en 1966, 1971, 1979, 1985 et 1986 trouve son origine dans la cupidité et dans les tendances dictatoriales des différents acteurs politiques. Nous pensons que ces malheureux événements sont encore présents dans les esprits des acteurs politiques courants même si ceux-ci continuent à ignorer ce qui pourrait bientôt devenir une situation politique explosive qui doit être évitée ».
Le document souligne en particulier que, « à diverses reprises, la vision des groupes minoritaires et de la plus vaste opinion publique ont été ignorées. Ici encore, l’histoire nous donne des leçons importantes. De mauvaises élections en toute partie du monde que ce soit peuvent être la recette d’une crise politique. Cela a eu lieu en Ouganda dans les années 1980 et nous devons durement travailler pour empêcher que cela n’arrive de nouveau ».
Les Evêques se plaignent notamment de « l’usage indiscriminé de la force et des interdictions préalables des activités de l’opposition, qui ont créé l’impression que les forces de police promeuvent et protègent l’agenda du parti au pouvoir ». A cela vient s’ajouter la création de groupes paramilitaires, formellement enregistrés sous le parapluie d’une ONG, lesquelles soutiennent la police, formellement en vue de la « prévention des délits ». « Nous sommes préoccupés car, si ces tendances devaient perdurer, elles pourraient provoquer des violences au cours des élections et après ces dernières ».
« En conclusion, nous réaffirmons que les élections constituent une grande opportunité et un défi pour le pays. Nous encourageons par suite tous les acteurs à travailler en faveur de la paix et pour faire en sorte que le processus élargisse les options démocratiques au sein de notre jeune nation. Nous assurons de vous suivre dans la prière » conclut le message. (L.M.) (Agence Fides 18/02/2016)


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