ASIE/PAKISTAN - Déclarations de l’Archevêque de Lahore à propos de la loi sur le blasphème

jeudi, 4 février 2016 blasphème   droits fondamentaux   minorités religieuses   liberté religieuse  

S.Exc. Mgr Shaw au sein de sa communauté

Lahore (Agence Fides) – « Nous approuvons la réflexion et les démarches du Conseil pour l’idéologie et nous espérons qu’une modification de la loi sur le blasphème, permettant d’en empêcher l’abus, puisse être imminente. Déjà, le Président du Pakistan, Mamnoon Hussain, en nous rencontrant l’an passé, nous Evêques et d’autres responsables religieux, nous avait communiqué qu’il se serait engagé dans ce sens. L’abus de la loi, utilisée à d’autres fins, fait souffrir de nombreux citoyens pakistanais, musulmans, chrétiens et de toutes les religions, détruisant injustement la vie de nombreux innocents. Nous espérons en un changement qui améliore les choses ». C’est ce que déclare à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Sebastian Shaw, Archevêque de Lahore, en parlant des possibles modifications de la loi sur le blasphème, composée de trois articles du Code pénal, qui punissent de mort ou de réclusion à perpétuité l’outrage à la religion islamique.
Ces jours derniers, le Président du Conseil de l’idéologie islamique, Muhammad Khan Sherani, a manifesté la disponibilité à revoir la loi sur le blasphème. Dans un pays où la critique envers l’islam est un thème fortement sensible, cette démarche a été impossible pendant des années et même en discuter publiquement est devenu un tabou. Muhammad Khan Sherani pourrait rouvrir le débat et fournir au Parlement et au gouvernement des recommandations proposant des modifications visant à éviter les abus commis en ayant recours à la loi. Selon Nasir Saeed, activiste chrétien et Directeur de l’ONG CLAAS (Centre for Legal Aid, Assistance and Settlement), engagée dans la défense des droits des chrétiens au Pakistan, « les paroles du Président Sherani sont encourageantes, attendu que, jusqu’à quelques années en arrière, il n’était pas même possible de discuter de cette loi. Espérons que, bien vite, intervienne une évolution positive ». (PA) (Agence Fides 04/02/2016)


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