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Dépêches

2013-10-31

ASIE/BANGLADESH - Personnes pauvres contraintes à vendre leurs organes pour payer leurs dettes

Dhaka (Agence Fides) – La pratique cruelle consistant à vendre des organes au Bangladesh a débuté en 1982 et leur commercialisation a immédiatement suivi. C’est seulement en 1999 que le Parlement du pays a adopté l’Organ Transplant Act, qui interdit le trafic et la publicité des vendeurs d’organes. Selon la loi, les greffes sont légales seulement entre parents et entre époux. Toutefois, le marché noir continue à proliférer à cause des médiateurs qui identifient les vendeurs et les acquérants potentiels. Les interventions sont pratiquées dans des hôpitaux privés du Bangladesh par des médecins complaisants ou dans des pays tels que l’Inde ou Singapour où le système sanitaire est meilleur. Les intermédiaires falsifient les passeports et produisent des documents légaux attestant que le donateur et le destinataire ont un lien de parenté. Actuellement, au trafic de reins, est venu d’ajouter celui de foies et de cornées et dans nombre d’hôpitaux a été introduit le test ADN. Kalai, qui se trouve au nord de Dhaka, dans le district de Jotpurhat, comme de nombreux autres villages du Bangladesh, semble à première vue une zone rurale idyllique mais en fait nombre de ses habitants ont été contraints à avoir recours à la vente d’organes pour rembourser des micro crédits qu’ils avaient contractés. Au cœur de Kalai, se trouvent de vertes rizières entourées par la poussière des routes voisines où les enfants jouent nus, accrochés aux petits morceaux de bambous qui permettent aux cabanes de fortune dans lesquelles ils vivent de tenir debout. Comme des millions d’autres bengalais vivant dans les zones rurales, ils grandissent en manquant du nécessaire. Dans l’espoir d’améliorer leur sort, nombre sont ceux qui s’endettent en contractant un micro crédit, finissant par se retrouver dans une situation encore plus compliquée lorsqu’ils ne sont pas en mesure de rembourser le prêt. L’idée de la vente d’organes n’est pas nouvelle et les pauvres de toute l’Asie du sud y ont eu recours pendant des années. Ce qui est moins connu est le fait que beaucoup y ont recours par peur de ne pas pouvoir rembourser leurs créditeurs. A l’origine, les instituts de micro crédit étaient créés pour aider les personnes à sortir de la pauvreté, encourager la création d’entreprises et l’émancipation des femmes en offrant de petits crédits à ceux qui n’étaient pas en mesure d’obtenir des prêts bancaires traditionnels. (AP) (Agence Fides 31/10/2013)

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